Dans la Double Vie de Véronique, on retrouve les thèmes récurrents de votre oeuvre mais, pour la première fois, on séchappe vers une sorte despérance qui fait mentir votre réputation de pessimiste professionnel. _ Jespère que je ne lai pas trahie tout à fait. _ Comment est né ce film, le premier de votre exil? _ Dans une confusion assez étrange. Je ne saurais pas le démêler et le comprendre moi-même. Je savais quaprès ces dix films, ce Décalogue, il fallait faire quelque chose de simple, de facile à maîtriser. La possibilité complètement inattendue de travailler en dehors de la Pologne mest soudain apparue. Et puis, il y avait ce sujet qui traînait dans ma tête depuis de nombreuses années. Un thème très pessimiste ; au stade de lécriture, il ne sest pas vérifié. Je narrivais pas à lécrire, tout simplement. Je ne trouvais pas les solutions et je lai transposé en quelque sorte dans le film que vous avez vu. _ Quelle était la donnée de base qui na pas pu sexprimer? _ Cétait une idée très simple. On voyait le premier type qui décide de revenir de là-haut, ici. Mais je nai pas trouvé de raison pour laquelle il pourrait revenir. De toute façon, dans ce film, là-haut cétait aussi affreux quici. Là résidait toute la difficulté, le point de départ insoluble. Il ny a aucune raison pour revenir ici, comme il ny a pas vraiment beaucoup de raison pour y demeurer. Mais on reste encore un moment. Jespère pas trop longtemps. _ Dans la Double Vie de Véronique, vous jouez sur la sensation du déjà vécu, vous ouvrez tout grand cette porte et vous dites que ce nest peut-être pas le hasard. _ Je le dis parce que je le pense. Je pense que dans des circonstances comme celles-là, on ne doit surtout pas reculer. Seules en sont capables les personnes qui ont suffisamment dattention, de sensibilité pour sintéresser à autre chose quà la marque dune voiture, la forme des chiottes, la qualité du café ou la nouvelle génération des ordinateurs. Est-ce quil existe encore des personnes comme ça, je ne sais pas. Je crois que oui et quelles ont un peu honte dêtre comme elles sont.. Parce quelles considèrent que cest une preuve de faiblesse, dinadaptation à la vie. _ Pour vivre ce que vit Véronique, pour ouvrir ces portes, il faut que Véronika souffre.. _ Il y a toujours quelquun qui paie. Ce qui finalement est le plus intéressant, cest que nous ne savons jamais qui. Je parle bien sûr de la sphère des sentiments, pas de la sphère des ventes de café. Je crois profondément quil existe une certaine quantité de biens au monde, de sentiments. Il nest pas possible que tout le monde soit heureux. Les uns sont heureux, les autres sont malheureux. Justement parce que les premiers sont heureux. Que ça concerne la liberté, lamour, peu importe, le bien est limité, il nexiste pas en quantité. _ Votre film est à cheval entre deux êtres, qui sont le même être, et entre deux pays, qui sont peut-être un seul pays, celui de la création. Comment sest passé ce partage? Pas seulement en termes de production? _ Il ne sagissait pas du tout dargent. Jai travaillé à lOuest, sans problèmes dargent. Le film aurait pu être produit sans la Pologne. La Pologne est là parce que cest mon pays et que cest là-bas que je vis. Si javais vécu dans un autre pays, la deuxième fille aurait vécu également dans cet autre pays. Javais besoin de cette idée quil y avait plusieurs frontières qui les séparaient. Ce nest pas si simple que ça de se rencontrer.. _ Pourquoi avoir choisi Clermont-Ferrand? _ Cest gris, comme Cracovie. Beaucoup de choses dépendent de lendroit où nous grandissons.. Les couleurs des murs autour de nous, ce nest pas innocent. _ Le Décalogue avait une mission pédagogique, il ny a aucune trace de pédagogie dans la Double Vie de Véronique, le sentiment recouvre tout. A ce niveau, il y a des virtuosités, par exemple la dernière scène à Cracovie, la scène de lautocar, de la photo de lintérieur du car. Cest fulgurant. La rencontre de ces deux filles à travers lobjectif, cest à la fois le noeud de lhistoire et un chant damour au cinéma. _ Disons un petit sentiment. _ Sur le plan technique, comment une scène comme ça se construit-elle? _ Il faut avoir un bon chef opérateur. _ Très importante dans le film, le rôle physique de la musique. _ Là, en revanche, il faut avoir un bon compositeur. Limportant est davoir des gens compétents autour de soi. _ La musique est un personnage à part entière. _ Je dirai cela au compositeur, il sera très content. _ Vous souhaitiez que la musique, écrite par Zbigniew Preisner, soit un peu un deus ex machina. _ Cétait clair dès le début. Je savais pouvoir lobtenir parce que jaurais le compositeur capable de donner une musique qui paraisse ancienne et contienne aussi des éléments de modernité. _ Votre première expérience hors de la Pologne a entraîné votre première expérience avec des acteurs étrangers. Irène Jacob est éblouissante. Cest une révélation majeure. Comment lavez-vous trouvée? Véronique avait-elle déjà pour vous un visage? _ Non, elle navait pas de visage. Jai pensé à des comédiennes que je connaissais. Pour différentes raisons, ça na pas pu se faire.. Javais vu Irène Jacob dans le film de Louis Malle Au revoir les enfants, où elle avait un tout petit rôle. Il devait y avoir une raison pour que je men souvienne. Cette raison, cest évidemment sa personnalité. Indépendamment du fait quelle est une personne, elle a du talent. De plus, elle est travailleuse. Elle a appris tout son dialogue en polonais. On peut aussi bien la croiser dans la rue ici que dans la rue à Varsovie. Au premier coup doeil, elle na rien de spécial. Mais plus on sapproche, plus il savère que cest quelquun de tout à fait particulier. _ Cest quelquun quon aime, qui nest pas simplement une bonne actrice. _ Cétait la première condition que je métais posée. Il faut que ce soit une comédienne à laquelle nous, spectateurs, nous allons souhaiter du bonheur. _ Comment avez-vous vécu le succès éclatant de Tu ne tueras point, puis des autres épisodes du Décalogue? Etait-ce pour vous une reconnaissance qui arrivait à son heure? _ Cétait complètement inattendu. Je pensais : jai fait un petit film provincial polonais, personne ne le verra à létranger, parce quil est cruel, déprimant et triste. Il a coûté 3 francs 3 sous, donc il ny a aucune raison pour quil passe. Et soudain, il passe. Cest une surprise agréable mais ça ne change rien à lessence des choses. _ Après le succès international du Décalogue, à Cannes, à Venise, nêtes-vous pas devenu un peu le commis voyageur de vos films? _ Cest ce que jai dû faire pendant deux ans. Cétait très très ennuyeux. _ Y a-t-il un pays qui ait résisté au Décalogue? _ La Pologne, où on ma toujours ramené très vite sur terre. _ Avez-vous encore des difficultés avec les journalistes polonais? _ Ils ont déjà écrit que la Double Vie de Véronique est présenté à Cannes sous bannière polonaise parce que les Français, qui lont produit, lont refusé. Jétais sûr que ça se passerait comme ça. _ Les journalistes polonais, dans leur ensemble, naiment pas le cinéma de Kieslowski, ou naiment-ils pas Kieslowski lui-même? _ Ils ne maiment pas moi, ils ne peuvent pas aimer mon cinéma. Il y a eu une émission très intéressante où sexprimait un politicien haut placé des années 70 ; il racontait tout simplement ce que jour après jour il donnait comme instructions aux journalistes, ils devaient tous écrire la même chose, il ny avait pas de différence dun journal à lautre. Aujourdhui, presque rien na changé. Les journalistes écoutent seulement quelquun dautre. De toute façon, le Décalogue, dans un pays comme la Pologne, catholique de façon complètement anachronique, ne pouvait pas être bien perçu. _ Un autre pays catholique comme lItalie a bien accueilli le film. _ La différence est la suivante : ici, en France, et de la même façon en Italie, la foi est une possibilité. En Pologne, cest une obligation. _ Vous avez réalisé beaucoup de documentaires. Avoir été aussi longtemps attaché à la réalité laisse-t-il des traces? _ Certainement. Le documentaire est mort de nos jours. Il a cessé dexister, complètement. Il y a encore quelques bisons qui survivent dans quelques pays.. Jai gardé deux choses de cette époque : la première, cest le besoin de vraisemblance. Il faut que je croie que ce que je montre est possible. La deuxième, cest quelque chose dindéfini, lié à la dramaturgie, à la façon de raconter. Le film documentaire que moi ou nous, à lépoque, nous faisions, avance à laide du développement dune pensée et non pas à laide du développement dune action. Laction, de par la nature des choses, nexiste pas. Ce quon peut dire, on le dit un pas après lautre, une scène après lautre, jusquau montage. Je narrive pas à marracher à cette façon de penser. Je narrive pas à matteler à laction comme à un moteur qui ferait avancer le film. Même dans mes films documentaires, ce que je cherchais avant tout, ce sont des gens. Cest pour ça dailleurs que jai arrêté dexplorer le genre. On ne peut pas, dans les documentaires, sapprocher trop près des gens, parce quils ont droit à une intimité. Il y a une frontière morale quil est interdit de dépasser. Jai commencé à errer sur cette frontière, jai essayé de tricher, mais ça nétait pas possible. Jai donc commencé à introduire des éléments de fiction dans mes films documentaires, et cétait déjà le chemin naturel pour arriver à la fiction complète. _ Par exemple? _ Un film dune heure, Biographie. Cétait un film sur la vie intérieure du Parti communiste. On ma dit : Mais vous ne pouvez pas faire un film sur la vie intérieure du PC, vous nêtes pas au parti. Jai répondu : Justement, si vous voulez que lon montre à quel point vous êtes magnifiques, commandez le travail à lun de vos membres, mais si vous voulez voir un peu de vérité, alors il faut me le demander à moi. Je voulais donc raconter les rapports difficiles dun type avec le parti. On lacceptait tout le temps, on le rejetait tout le temps.. En Pologne, ne pas être au parti posait beaucoup de problèmes. Pour des questions sociales, matérielles.. Cet homme, je lavais inventé de toutes pièces, je lui avais fait faire des papiers en règle, et il est arrivé devant la commission de contrôle du parti. La commission, elle, était authentique. Certains membres de la commission sont arrivés en retard. Jusquà la fin de la soirée, ils ont été convaincus que le type était lun des leurs. Jai fait plusieurs films comme ça. _ En poussant les choses, peut-on dire que lAmateur est un film qui entre dans ce cadre-là? _ Cest une fiction, mais il y a dedans des éléments complètement réels. Les films que lauteur tourne en 8 millimètres, ce sont tous les films que lon ne ma pas permis de faire. Ce sont des scénarios que lon ma refusés. Jai travaillé quinze ans dans le documentaire, il y a une chose fantastique quon ne peut jamais exploiter, des moments de silence, des moments où on ne parle de rien, ou alors des moments où les gens disent des bêtises, des choses magnifiques, et il faut toutes les couper, parce quelles constituent des interruptions. Un documentaire, cest quelque chose de concentré, de serré. Jai toujours jeté tous ces moments-là bien quils fussent très beaux. Et puis, jai inventé une fiction exprès où je pourrais utiliser ça. Le film sappelait Personnel. Il y avait un jeune homme qui arrivait au travail, il était tailleur. Cétait un acteur. Il rejoignait dautres tailleurs qui, eux, étaient des vrais tailleurs. Je me suis installé là avec ma caméra et on a écouté ce quils racontaient comme conneries. Mais comme il y avait parmi eux le héros et puis une sorte daction, un fil, cette scène de causerie apparemment vide, je pouvais lutiliser puisque javais une constuction. Voilà le vrai mélange des genres. _ Avez-vous pris goût au travail ici? Avez-vous déjà un autre projet en France? _ Un projet très concret. Jécris en ce moment des scénarios qui seront produits par MK 2. Trois films tournés simultanément que je mettrais tous les trois en scène, en une seule fois. Sept mois de tournage. Le premier se déroule en France, le second commence en France mais se déroule pour sa plus grande partie en Pologne et le troisième commence en Pologne et se déroule entièrement en France, en Belgique ou en Suisse. On ne sait pas encore. _ Ont-ils un lien narratif? _ Ce sont trois films complètement différents, excepté quils ont pour titre les trois couleurs : Bleu, Blanc, Rouge. Les couleurs viennent directement du drapeau français. Liberté, Egalité, Fraternité, bien évidemment. Mais ce ne sont pas des films politiques. Ce sont des films simples, modestes. Qui posent une question. Des millions de gens ont donné leur vie pour ces mots ; que signifient-ils désormais dans notre vie à nous, dans la vie dun individu? Voulons-nous vraiment être égaux? Peut-être pas. Et libres? Quest-ce que la liberté? Si nous lavons, ne la perdons-nous pas tout de suite? On sattache, avec des amitiés et des amours ; des liens sociaux et des liens matériels. On est dépendant de quelquun, de quelque chose. Et pourtant, la liberté, nous la voulons, tellement! Outre M. Burr, trois autres élus ont vendu des actions juste avant que la crise néclate: les républicains Kelly Loeffler et James Inhofe, ainsi que la démocrate Dianne Feinstein. Nous avons toujours respecté les règles. Mais cette inspection exhaustive ajoute une bonne dose de stress et vient poser de drôles de questions aux collaborateurs exemple : votre écran nest pas trop bas? Et tant que le dossier nest pas complet, le recrutement est véritablement freiné! 4 Se poser rapidement les bonnes questions pour ne pas freiner la startup nation française session on Fac ing a dual bu rde n: pr evention of chronic disease at the World Economic Forums New C hampi ons meeting i n D alian. Et je ne comprends pas, pourquoi je ne cesse de penser à lui? Est-ce lui? Ou le père de mon 2eme enfant? Je me sens perdue car jai éprouvé tant démotions si intenses en si peu dannées! Aussi bien, quand nous prononçons le mot de vie, faut-il entendre quil ne sagit pas de la vie reconnue par le dehors des faits, mais de cette sorte de fragile et remuant foyer auquel ne touchent pas les formes. Et sil est encore quelque chose dinfernal et de véritablement maudit dans ce temps, cest de sattarder artistiquement sur des formes, au lieu dêtre comme des suppliciés que lon brûle et qui font des signes sur leurs bûchers.
Damien Canteau est passionné par la bande dessinée depuis une vingtaine dannées. Après avoir organisé des festivals, fondé des fanzines, écrit de nombreux articles, il est toujours à la recherche de petites merveilles quil prend plaisir à vous faire découvrir. Il est aussi membre de lACBD Association des Critiques et journalistes de Bande Dessinée. Quen est-il exactement? Beaucoup de mots définissent cette seule appellation. Mari autour delles après le décès de celui-ci. La Il faut en passant remarquer la force particulière de linfluence que ce rêve exerça sur lui, puisquelle lui permit, malgré les sarcasmes de la foule et le scepticisme de son entourage, de persévérer dans la férocité de ses ordres, passant pour cela non seulement sur le droit des gens, mais sur le plus simple respect de la vie humaine, et sur toutes sortes de conventions nationales ou internationales, qui, devant la mort, ne sont plus de saison. Je vous souhaite Femmes et Hommes beaucoup de tendresse dans le regard que vous porterez à l autre. Ces temoignages sont interessants, et recoupent ce que jai vécu lors de ma rencontre avec mon mari-le sentiment de se connaître depuis toujours, de savoir que cétait lui, etc.. Mais pas de télépathie par contre. Il nest pas non plus mon âme soeur, et même si nous nous completons assez Rencontre avec Sylvain Tillon, CEO et cofondateur de Tilkee Ladministration aurait-elle un double discours sur les métiers du web? Ce site propose de personnaliser vos contenus et votre navigation. Lorsque vous naviguez sur ce site Internet, des informations sont susceptibles dêtre enregistrées cookies sur votre terminal, sous réserve de vos choix. Pour utiliser lensemble des fonctionnalités proposées sur le site, il est conseillé dactiver les trois niveaux de cookies. Cependant, vous pouvez librement les désactiver en fonction de vos usages. Votre choix relatif aux cookies Illustration de couverture : Man Ray, À lheure de lObservatoire. Les Amoureux, 1936. Man Ray TrustADAGP. Cécile Coulon Patrick Oster. Julie Bonnie David Didier. Lisa Barel Charlie Barel Anderson. Dautre part le metteur en scène qui soigne son décor au détriment du texte a tort, moins tort peut-être que le critique qui incrimine son souci exclusif de mise en scène. Dionne, Philippe2006 Le plaisir de lindétermination : une lecture de lambiguïté narrative dans Le Double de Dostoïevski Mémoire. Montréal, Université du Québec, Maîtrise en études littéraires.
du FIM Gala, Alfredo CIRESA Président Directeur Général dHM Honda.. La rencontre entre Phoebe et Mike est assez originale. Joey et Phoebe Rencontre avec Sylvain Tillon, CEO et cofondateur de Tilkee Ladministration aurait-elle un double discours sur les métiers du web? Que si quelquun prétend que lacteur nétant pas métaphysicien par essence na pas à se préoccuper de ce septième état, nous répondrons que selon nous et bien que le théâtre soit le symbole parfait et le plus complet de la manifestation universelle, lacteur porte en lui le principe de cet état, de ce chemin de sang par lequel il pénètre dans tous les autres chaque fois que ses organes en puissance se réveillent de leur sommeil. Courante des effets bien déterminés. Lhomme qui pense sainement veillera à ce que les dispositions En compagnie des chamans et artistes du Cercle de Sagesse de lUnion des Traditions Ancestrales, qui animent dautres ateliers, venez découvrir les sagesses de nos ancêtres ou approfondir la connexion à nos pratiques dites chamaniques qui ont pour vocation de rassembler les Traditions Ancestrales des cinq continents. Suite à ces résultats, le titre bondissait à Wall Street dans les échanges daprès-clôture, gagnant 7,87 à 351,54 dollars. Depuis le début de lannée, laction Tesla a gagné plus de 50, ce qui en a fait le premier constructeur automobile américain par capitalisation boursière face à des géants comme General Motors ou Ford. Cest le portrait de peint en 1572. Il est exposé au musée de Cleveland.