Parce que tout le monde est fou? ai-je fait, me tournant vers lui avec une curiosité involontaire. Santini Carlotta, Nietzsche et la rhytmique grecque, Les Cahiers philosophiques de Strasbourg, 40, 20162, p 113-142. Paradigme de la salamandre : comme lanimal dont la patte coupée repousse, plus petite The Wolf international corporation edition est heureux de vous présentez ses bruits, cris et hurlements à loreille des Loups Prenons à notre tour un exemple de thorubos réjoui et approbatif dans un texte de Platon, et un exemple dabsence de thorubos : le Protagoras présente les deux cas. Comme par hasard, Platon inscrit un thorubos général après la chute dune phrase où un rythme est obtenu par une figure de type gorgianique, un homéotéleute : Ce nest quà lhomme ennobli que la liberté desprit peut être donnée. HTH, I, p. 954 Les mots sont un début ; la sensibilisation est plus que nécessaire. Les préjugés semblent tenaces et jai bien peur que sil est un plus métier du monde qui soit, ce doit bien de vouloir dominer à tout prix.. On pourrait faire nimporte quoi pour ça : dominer, être lhomme de la situation, lhomme de la société, lhomme de la famille.. On pourrait pourtant faire autrement : Etre lHomme de la situation, lHomme de la société, lHomme de la famille.. Avec Elle, sur le même plan, sans quil soit possible dimaginer une seconde que certaines femmes puissent vraiment choisir de pratiquer la prostitution pour une pseudo facilité professionnelle ou je ne sais quel absurde préjugé. Aucun Homme, aucune Femme nest voué à se blesser en faisant fi de sa dignité. Absolument personne. Statue de monsieur Milner, vous, sa réplique crépusculaire, vous faites erreur, voyons! Regardez! Ce monde, cest le point culminant de lhumanité ; cest le moment de lombre la plus courte, cest la fin de lerreur la plus longue! Ce nest pas le crépuscule du monde, cest le moment du soleil à foison! Dites-moi oui, je vous en prie, dites-moi oui! La librairie.com, une seule adresse, plus de 2500 Points Libraires répartis dans toute la France
jeûne, le cloître, les fêtes. Tout cela a été corrompu,
Cest sous limpulsion d que Nietzsche fera son entrée dans les idéologies de la droite allemande. Moeller van den Bruck part dun premier constat : le défaut majeur du marxisme i.e. Lappareil social-démocrate est de ne se référer quà un rationalisme abstrait, comme le libéralisme. De ce fait, il est incapable de capter les véritables sources de la vie. En 1919, la superstructure officielle de lempire allemand seffondre, non pas tant par la révolution, comme en Russie, mais par la défaite et par les réparations imposées par les Alliés occidentaux. LArmée est hors jeu. Inutile donc de défendre des structures politiques qui nexistent plus. La droite doit entrer dans lère des re-définitions, estime Moeller van den Bruck, et à sa suite on parlera de néo-nationalisme. Lily Braun plaidait en faveur dune juvénilisation permanente de la société et du socialisme. Elle sopposait aux formes démobilisantes du moralisme kantien. Pendant la Première Guerre mondiale, elle développe un socialisme patriotique en arguant que lAllemagne est la patrie de la sociale-démocratie, et quen tant que telle, elle lutte contre la France bourgeoise, lAngleterre capitaliste et marchande et la Russie obscurantiste. Son néo-nationalisme est une sociale-démocratie nietzschéanisée perçue comme nouvelle idéologie allemande. La constante du message de Lily Braun est un anti-christianisme conséquent, dans le sens où lidéologie chrétienne est le fondement métaphysique des superstructures en Europe et que toute forme de fidélité figée aux idéologèmes chrétiens sert les classes dirigeantes fossilisées à maintenir des superstructures obsolètes. Au contraire, scinder la pensée du corps conduit à élaborer des idées que Nietzsche qualifie de nihilistes, entendez des idées nocives. Les pensées nihilistes entravent notre vitalité parce quelles dénigrent la vie telle quelle est au profit dune idée de ce quelle devrait être. Pour Dostoïevski, le royaume du ciel sur la terre sera une réalité au moment où tous les hommes se sentiront responsables envers tous les autres, quand ce sentiment de culpabilité commune sera à la portée de tous, quand chaque criminel ne sera pas jugé seulement pour ce quil a fait et chaque innocent ne sera pas acquitté seulement pour ce quil na pas fait. Il faut que les hommes comprennent cette vérité :
Elles étaient des filles des villes, des cocottes, des grues, des poules, des mannequins dans des vitrines, des prostituées. Elle est, elle, la fille des champs, lunique, une femme en elle-même, et sans au-delà. De quelle amour le jeune philosophe Ferdinand Alquié laura-t-il aimée?Jacques Lacan semploie à réduire sa hantise delle : il fait parvenir à son ami une fort émouvante lettre, à laquelle il joint le seul poème quil ait jamais écrit.Unique, Ariane ne lest pas moins dans son accouplement à Dionysos. Inspiré par Lou Salomé, comme le montre ici Chantal Maillet, Nietzsche en dessine le portrait : libre, elle sait y faire avec son fil, dompter, apaiser la jouissance en excès dont souffre son amant ; elle en reçoit le don dans sa chair.Alquié, Lacan, Nietzsche esquissent ce que serait une érotique déshabitée de Dieu, une érotique où, fruit dune conquête qui est aussi un deuil, lAutre est reconnu inexistant. Démétrios, Du style De elocutione, texte établi et traduit par P. Chiron, Paris : Les Belles Lettres, CUF, 1993. Nous ne croyons plus que la vérité reste vérité sans ses voiles ; nous avons trop Cicéron, De lorateur, texte établi et traduit par E. Courbaud I-II avec H. Bornecque III, Paris : Les Belles Lettres, CUF, 1922-1930 rééd 2009-2010. Et il crée lIdiot, le prince Mychkine, homme lumineux, daprès Georges Steiner, limage du Fils de lHomme errant et persécuté que nous pourrions prendre pour un idiot, limage du prince déguisé que reconnaissent les enfants, les pieux mendiants et les épileptiques. Une figure incomparable, inapte à intégrer les lois mesquines qui régissent les humains. Selon Eltchaninoff, il est impossible dengendrer une figure à la fois vraiment belle et capable dagir dans ce monde. Le prince Mychkine a réellement trouvé linnocence, cest-à-dire un état antérieur à la connaissance du bien et du mal ; il est profondément libre du jugement des autres, il est lui-même. Sa présence autorise les autres aussi à être eux-mêmes, parce que le regard de Mychkine sur le monde est différent de celui que les hommes portent sur eux-mêmes et sur leurs semblables. La naïveté du prince Mychkine désoriente et dérange, mais elle a un goût de rêve. Ce personnage illuminé nest pas sans rappeler le Christ. Après avoir déclaré : Il nexiste quune figure absolument belle, celle du Christ, Dostoïevski note dans les Carnets de Lidiot : Le prince, le Christ. Dans Floraison, Galsworthy raconte lhistoire dune jeune suicidée enterrée dans un croisement de routes, pour que son âme ne trouve jamais de repos : celui qui quitte le banquet offert sur Terre par Dieu offense la générosité du Créateur, nous raconte la morale chrétienne. Dans notre société le suicide est un tabou, et même plus, une honte. Ne plus supporter le poids de la vie est vu comme le signe extrême de faiblesse humaine. Et pourtant, combien dhommes, même des meilleurs se sont suicidés : Maïakovski, Essenine, Kleinst, Jack London, Primo Lévi, Deleuze.. Et la liste est trop longue. La littérature aussi regorge de héros qui mettent fin à leur vie : Werther de Goethe demeure lun des plus fascinants. puisque cest ce que jai fait jusquici, en lattaquant. Ceci posé, il mapparaît important dès lors daffirmer que nombre des débats dopinion-aussi utiles aient-ils pu être-qui ont eu lieu depuis plusieurs années et qui se poursuivent, ne me semble plus de mise. La question nest plus-et depuis longtemps-de savoir, par exemple, ce que chacun-e dentre nous pensons de la prostitution, mais de débattre des fondements mêmes des politiques dores et déjà mises en œuvre. Faute de quoi, ces politiques poursuivront, sans être inquiétées, tranquillement leur chemin, tandis que les discussions, sans prise sur le politique, se poursuivront sans produire deffets. Dans la suite du raisonnement, être conscient-e faute, là encore, de ne pas être dans le réel-de la nécessité de se situer par rapport aux termes mêmes juridiquement et politiquement employés mapparaît fondamental.